Mon histoire

Mon histoire…

Entre 7 et 9 ans, j’ai vécu une longue période de maladie. J’ai eu coup sur coup la varicelle et la mononucléose. Je ne sais pas si ce sont les effets secondaires des médicaments pris pour guérir ou bien si ce sont toutes les émotions vécues, mais suite à cet épisode, mon poids a augmenté considérablement.

Ma grand-mère, inquiète, a insisté pour je vois une diététiste et ma mère qui voulait bien faire m’a mis à mon premier régime. Elle mesurait même la cuillère de beurre d’arachides que je mettais sur ma tranche de pain. Ce fut le début du commencement… de mes troubles alimentaires.

J’ai été dans l’obligation de cesser toutes les activités qui mettait du bonheur dans mon enfance : danse, judo et patinage artistique. Et voilà, mon combat contre l’anorexie boulimie était amorcé! J’ai vite compris que les enfants ayant un excédent de poids avaient moins d’attention et attiraient moins que les enfants avec un poids normal. Mon surplus de poids est demeuré jusqu’à l’adolescence (14 ans); en fait, jusqu’à ce que je découvre le pudding Nutridiète au chocolat et que j’en mange trois par jour sur une longue période. J’ai passé toute mon adolescence en contradiction alimentaire à surveiller ce que je mangeais en alternance aux périodes de boulimie. La danse et l’activité physique étaient mon échappatoire et me permettait de faire la transition entre mes deux pôles.

Mes études et mon cheminement de carrière dans la vingtaine ont été composées de grandes périodes de jeûne. Je ne buvais que de l’eau. Le plus long jeûne a duré 10 jours. Je devenais si faible que je sentais mon cœur s’accélérer au simple effort de lever le bras. En période de boulimie, je pouvais prendre 5-6 livres en une seule journée. Mes relations amoureuses et mes finances ont beaucoup souffert de mon obsession face à mon poids. A cette époque, les médias parlaient déjà de l’anorexie et décrivaient le stéréotype typique comme étant jolie fille, intense avec une grande force de caractère, disciplinée, déterminée voire même entêtée afin de réaliser ses objectifs et sa carrière. 

Au début de la trentaine, j’ai troqué mes collants de danse pour un tailleur de femme d’affaires : De la danse à la gestion – De professeur de danse à conseillère en insolvabilité. Même si le développement de ma nouvelle entreprise progressait et que j’atteignais mes objectifs d’affaires, je n’ai jamais cessé de pratiquer la danse complètement. Au contraire, je la pratiquais intensément afin de maintenir mon poids.

À 38 ans, pour des raisons personnelles et professionnelles, j’étais essoufflée. J’ai pris la décision que je prenais une pause de 3 mois… Une pause de régime et de contrôle de poids!!… Plus de régime, plus d’entraînement, plus de casse-tête. J’ai ouvert la valve! Quel bonheur de faire l’épicerie sans regarder les calories. Quel bonheur de manger tout ce que tu veux à l’heure que tu veux. Quel bonheur de ne plus avoir à regarder les yeux de son amoureux pour se sentir belle. J’étais grosse et célibataire, mais la liberté de manger ce que je veux n’avait pas de prix, tant que j’avais la santé.

Après 3 mois, je n’étais pas prête ni physiquement ni émotivement à retourner à mon rythme de vie d’avant… Alors un an plus tard, j’avais pris 100 livres. J’ai passé de 105 livres à plus de 200. Après 4 ans, j’avais pris 130 livres et c’est alors que j’ai compris que mon corps ne suivait plus. Mes chevilles brûlaient, mes pieds et mes genoux me faisaient souffrir et mon cœur s’accélérait au moindre effort. J’étais aux prises avec des problèmes de cholestérol sans compter que j’étais à la limite du diabète et ma pression artérielle, au plafond. Je ne pouvais même plus me tenir debout plus de 30 minutes. J’étais incapable de marcher et avais de la difficulté à monter et descendre les marches d’escaliers, à m’habiller et à prendre place dans mon véhicule.

À 42 ans, j’ai fait une crise d’angine. Le cardiologue m’a dit : ‘’Tu en a profité pendant plusieurs années mais si tu ne veux pas mourir dans 5 ou 10 ans, tu dois faire des efforts.‘’ Alors comme j’ai cette personnalité du ‘’tout ou rien‘’, je me suis reprise en main. Mon objectif était de perdre 129 livres en un an et demi. Alors après mon opération « Sleeve gastrique » et 16 mois d’efforts,  j’étais à 110 livres.

Beaucoup de gens pensent que la ‘’Sleeve  gastrique‘’ et toute les chirurgies de l’obésité sont des interventions miracles, mais c’est bien loin de la réalité. Il s’agit plutôt d’un outil permettant d’amorcer une perte de poids, mais ce n’est pas une solution définitive. Il est en effet très facile de manger un peu plus chaque jour et du coup, d’étendre la poche de l’estomac pour manger de nouveau comme on le faisait auparavant et de reprendre rapidement le poids perdu.

À la suite de cette intervention, ce fut une année très difficile physiquement et psychologiquement. Je n’ai pas célébré les Fêtes, Pâques etc.  Je me suis isolée pour ne pas perdre ma motivation.

Est-ce que j’étais triste?  OUI

Est ce que j’ai pleuré ? OUI

Est ce que j’aurais aimé tout cessé? OUI !

J’ai tellement entendu des commentaires du genre :

  • Tu ne seras jamais capable de revenir à ton poids!
  • À ton âge c’est impossible!
  • Tu ne seras pas capable de garder ce poids et tu reprendras tout ce que tu as perdu!

Difficile de conserver sa motivation!

Un jour, une amie m’a demandé pourquoi je conservais mes vêtements de taille 0 quand je portais une taille 22… quand je ne reporterais jamais du 0. Peut-être que plusieurs personnes avaient cette même pensée?… c’était mal me connaître. Je suis allé chercher l’aide d’un entraîneur-motivateur pour mon physique et d’une aide psychologique pour mon mental. Aujourd’hui, je les porte fièrement ces vêtements et mon poids se maintient.

Josée Brouillette